Écrit par Gaëtan Selle Mardi, 11 Janvier 2011 10:54
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Titre : Dans la peau de John Malkovich
Réalisé par : Spike Jonze
Date de sortie au cinéma : 08/12/1999
Année de production : 1999
Durée du film : 112 minutes
Genre : Comédie/Fantast
Distributeur : United Internat
Synopsis :
Craig Schwartz est marionnettiste de rue, mais ne parvient pas à vivre de son art. Lotte, son épouse, s'intéresse beaucoup plus à ses animaux qu'à lui. Devant leurs difficultés financières, le jeune homme trouve un emploi au septième étage du building de l'entreprise Lester. En classant des dossiers, Craig découvre une porte dérobée et l'emprunte. Celle-ci le conduit pour quinze minutes à l'intérieur de John Malkovich. Cette prodigieuse découverte va lui permettre de changer de vie.
Bande annonce :
Quel synopsis ! On peut se demander comment un tel film à pu se faire. Imaginer aller voir des producteurs en leur vendant votre scénario qui parle d'un homme qui découvre une porte permettant d'aller dans la peau de John Malkovich au sens propre ! Un mot vient à l'esprit: ABSURDE !
Et on va voir ensemble que c'est justement cette absurdité qui fait la réussite du film.
Avec seulement 3 longs métrages, Spike Jonze n'est pas un réalisateur que tout le monde connait. Pour cause, il a bâti une majeur partie de sa réputation dans la réalisation de clip. De Daft Punk à Fatboy Slim en passant par The Chemical Brothers et Björk, il en est à une cinquantaine de clip ! Quand même !
En 1999, il décide de passer au long métrage avec le film « Dans la peau de John Malkovich » sur un scénario de Charlie Kaufman. La réussite est totale puisque le public adhère totalement aux idées loufoques du monsieur et la critique salue le film qui reçoit 3 nominations aux Oscar 2000 dont le meilleur réalisateur.


Mais finalement, qu'est ce que c'est que cette histoire d'être dans la peau de John Malkovich (qui pour les non-cinéphiles, est un comédien américain) ?
Et bien c'est tout simplement une super idée ABSURDE arrivée de nul part qui remet en cause notre certitude d'être bien ce que nous sommes en tant qu'individu unique !!! Mais j'y reviendrais.
Plaçons donc le contexte. John Cusack, qui interprète avec brio le rôle d'un marionnettiste talentueux mais désespéré par le manque à gagner de sa profession, trouve un emploi au 7ème étage et demi d'un immeuble ! J'ai bien dit 7 et demi ! C'est à dire qu'il doit arrêter l’ascenseur pile entre le 7ème et le 8ème étage ! Une fois qu'on a pris en compte cet événement pour le moins bizarre, on s'aperçoit que cet étage est très petit (les protagonistes doivent se déplacer courbés car le plafond est bas). Mais ce qui est étrange c'est que personne ne semble troublé par le caractère incroyable de l'endroit.

Ensuite, on fait la connaissance du patron de Mr Cusack qui est âgé de 105 ans mais qui paraît n'avoir que 65 ans (à cause du jus de carotte qu'il boit tous les jours mais qui l'oblige à aller pisser toutes les 15 min) et on rencontre également une femme belle mais machiavélique comparable à une vipère dont notre personnage tombe évidement amoureux, en dépit de son mariage. Jusque là, tout va bien et aucun personnage ne se demande qu'est ce qu'il fait là !
On a donc un sentiment général d'absurdité complètement assumé et en plaçant un tel contexte, le réalisateur utilise des outils scénaristiques simples pour nous dire que tout ce que l'on va voir fait partie d'un monde régit non pas par la logique ou la raison, mais par l'absurdité.

Et de l'absurdité on va en avoir ! Car le personnage de John Cusack va découvrir cacher dans un bureau, une mini porte qui mène tout droit … dans la peau de John Malkovich. Mais nous sommes complètement prêt pour ce genre de découverte absurde puisque depuis le début du film, le réalisateur nous à préparer à ce monde d'absurdité.
Pendant 15 min, Craig (le marionnettiste) voit, ressens et expérimente John Malkovich et lorsqu'il revient voir sa collègue vipère, il exprime toutes les réflexions métaphysico-philosophique que les spectateurs peuvent penser ! Comment est ce possible ? Est ce que c'est l'âme ? Qui somme nous ? Est ce que c'est la porte de Dieu etc etc Encore une jolie astuce scénaristique que de faire dire à un personnage ce que pense le public.
La suite est toujours aussi croustillante d'idées géniales qui poucent le concept à fond. Par exemple, l'épouse de Craig interprété par Cameron Diaz essaye John Malkovich et ressort profondément marqué par l'expérience. Sans parler de l'idée la plus poussé du concept puisque c'est carrément John Malkovich lui même qui va tester cette fameuse porte. On a donc John Malkovich qui va en lui même … je vous laisse regarder le film pour voir ça mais je peux vous dire que ça vaut le coup !
Le résultat de ce scénario loufoque est totalement réussi. Le fait de placer une idée absurde dans un univers absurde complètement assumé rend le tout crédible et le public peut avaler n'importe quoi pourvu que ça apporte des situations improbables. Spike Jonze réussit donc son entrée dans le monde du cinéma avec cette patte qu'il a toujours aimé imposer dans ses clips. Rappelez vous, l'homme à tête de chien dans le clip « Da Funk » des Daft Punk, c'est de lui !
Mais ce qui est le plus réussi, au delà de l'idée de base, c'est qu'à l'aide d'un univers absurde, le réalisateur nous apporte une réflexion philosophique sur l'idée du moi, de la conscience et de l'inconscient. Il pose la question: Sommes nous bien sûr d'être les seuls à expérimenter notre vie ? Comment savoir si nous ne sommes pas juste des marionnettes pour une autre intelligence ?
Juste remarquable !


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